Description du projet

Ansart

Il existe en Gaume des milieux très particuliers qui, bien que d’origines très différentes, renferment des biotopes assez semblables, d’un très grand intérêt. Ce sont les marnières et les mardelles. La réserve naturelle d’Ansart,  également nommée “Lisa et Philippe Toussaint”, recèle de très beaux exemples de ces milieux.

Marnières et mardelles sont bien souvent isolées au milieu des champs. Elles servent de refuge à une flore et une faune remarquables concentrées sur une superficie qui n’atteint pas toujours 1 ha. Elles sont malheureusement menacées par les épandages d’engrais et de pesticides qui sévissent à leurs abords et par les déversements de déblais divers destinés à les combler. C’est pourquoi l’établissement d’un réseau de mardelles et marnières protégées doit être un objectif prioritaire.

Les marnières sont des carrières qui ont été exploitées jadis pour fertiliser les champs. Elles peuvent être assez étendues comme à Attert, mais, le plus souvent, elles sont de superficie très réduite. Les paysans venaient extraire les marnes nécessaires aux champs avoisinant. Les marnages étaient destinés à augmenter le pH des sols et ainsi accroître le production céréalière surtout. Abandonnées, les excavations se sont remplies d’eau. Une flore et une végétation particulièrement originales s’y sont installées.

Les mardelles par contre résultent d’un phénomène tout à fait naturel, la dissolution et l’entraînement des carbonates contenus dans les marnes par les eaux de percolation. Les mardelles peuvent présenter différents stades d’évolution, depuis le simple tassement des marnes jusqu’à la formation de cuvettes plus ou moins profondes, dont le fond est colmaté par les argiles de dissolution des marnes. Dans les « mardelles séniles », il peut y avoir formation de dépôts tourbeux (COUTEAUX 1969).

Les rebords plus secs des marnières et des mardelles sont souvent colonisés par une pelouse à gentianes (Gentianella ciliata, G. germanica). Leur intérêt entomologique est très grand.

La marnière d’Ansart est particulièrement riche. On peut y observer des groupements d’eau libre, des bas-marais, des cariçaies, des jonchaies, des prairies du Molinion … L’utriculaire commune (Utricularia vulgaris), l’hottonie des marais (Hottonia palustris), le trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata), l’orchis de mai (Dactylorhiza majalis), l’épipactis des marais (Epipactis palustris), la laîche arrondie (Carex diandra), la laîche puce (Carex pulicaris), la serratule des teinturiers (Serratula tinctoria) y sont présentes.

L’embroussaillement rapide nécessite une gestion annuelle (fauche et ramassage) pour contenir les fourrés.

Caractéristiques

STATUT

Zone humide d’intérêt biologique (arrêté du 2 mars 1994) SITE LCN 2

SGIB ASSOCIÉ

SGIB n°2

ANNÉE DE CRÉATION

1984

SUPERFICIE

01ha 60a 00ca

CONSERVATEUR

Jean-Luc Renneson- contacter le conservateur – 0494/ 50 08 72

Cartographie