Réserve Naturelle de Schmalgraf Hof Semmel
Commune: la Calamine et Lontzen Superficie totale: 1ha 72a 56ca Propriétaire: Ardenne et Gaume pour 58a 70ca et commune de Lontzen pou 1ha 13a 86ca Date de création: 2007 conservateur: D. Bonni - 087/ 78 32 14 Seule l'aire d'accueil de la réserve est accessible en permanence, Des promenades guidées sont organisées
Schmalgraf est surtout connu pour son passé minier. La mine a été en
activité de 1867 à 1932 et était une des plus grosse de la région exploitée
par la Société Anonyme de la Vieille-Montagne. Rapidement, une galerie (à 42
mètres) est aménagée pour facilité l’évacuation du minerai vers les laveries
de Moresnet. Celui-ci empruntait un chemin de fer à voies étroites
construits le long du Lontzenerbach. On estime que plus de 545 340 tonnes de
minerai calaminaire ont été extraits. Exploitant des gisements découverts en
1858, la mine atteint une profondeur de 290 mètres, se qui constitue un
record pour ce type d’exploitation en Belgique. A son apogée, la mine
occupait 150 personnes dont 120 mineurs. Bien qu’elle ne soit pas épuisée,
l’exploitation de la mine s’arrête pour cause de non rentabilité, les coûts
liés à l’exhaure des eaux étant trop élevés. Aujourd’hui plusieurs vestiges
témoignent encore de ces activités : des ruines industrielles, des traces
d’exploitations et une halde calaminaire.
Au niveau biologique, quatre zones composent le site : l’étang, la butte
calaminaire, un bosquet d’essences variées et le pré maigre de fauche.
L’étang et ses alentours présentent une diversité floristique tout à fait
étonnante. Plusieurs espèces très intéressantes y ont été observées : Thypha
latifolia, Alisma plantago-aquatica, Circium palustre, Deschampsia
cespitosa, Filipendula ulmaria, Galium palustre, Lychnis flos-cuculi,
Lycopus europeus, Lysimachia nummularia, Solanum dulcamara, Cardamina
flesuosa.
On y a notamment relevé la présence de Riccia fluitans, une
hépatique non recensée ailleurs dans la partie belge de la vallée de la
Gueule et du Lontzenerbach.
D’un point de vue faunistique, le canard
colvert, la grenouille rousse et des chenilles du papillon de la Buveuse ont
été observés. Ce dernier papillon souffre notamment de la régression des
zones humides.
La partie calaminaire, comprenant la butte et une petite halde, est
particulièrement intéressante pour sa flore. On y retrouve entre autres cinq
des six espèces métallophytes :
- Viola calaminaria (Pensée calaminaire),
- Arméria Maritima susp. Halleri (Gazon de l’Olympe calaminaire),
- Silene vulgaris subsp. vulgaris var. humilis (Silène enflée calaminaire),
- Thlaspi caerulescens subsp. calaminare (Tabouret calaminaire)
- Festuca ovina subsp. guestfalica (Fétuque calaminaire).
En 2010, l’Argiope fasciée (Argiope bruennichi) a été observée non loin des ruines. Cette araignée spectaculaire apprécie les milieux ensoleillés et ouverts.
Bibliographie:
DEJONGHE L., LADEUZE F., JANS D. (1993), Atlas des gisements
plombo-zincifères du Synclinorium de Verviers (est de la Belgique), Mém.
Expl. Cartes Géol. Min. Belg., 33: 483p.
ERTZ D. (2000), La flore et la faune de quelques sites de grand intérêt
biologique dans la vallée de la
Gueule (Province de Liège, Belgique), Natura Mosana, 53 (1): 1-18.
FRANSSEN B. (2011), Etudes des sites calaminaires et de réserve naturelle de
Schmalgraf en vue d’une demande d’agrément, Travail de fin d'étude, Haute
Ecole de la Province de Liège, La Reid, 80p.
WINTGENS L. (1981), Moresnet-Neutre, La Calamine, Origine de la
Vieille-Montagne, Grenz-Echo-Verlag, Eupen, 223p.

