La réserve de l'Abbaye St Remy
Commune: Rochefort Superficie : 19ha 81a 86ca Propriétaire : l'abbaye Notre-Dame de Saint-Remy
Située au nord de Rochefort où elle domine la dépression de la Famenne, la réserve de l'Abbaye de Saint-Remy complète admirablement le "parc Lesse et Lomme".
Ce long versant, exposé au sud-ouest, fait partie de la Calestienne. Dans le prolongement de la colline, mais hors de la réserve, une ancienne carrière de marbre rouge, la carrière Saint-Remy, qui exploitait un récif corallien (biotherme) datant du Frasnien, a été classée par la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles en 1975 et 1976.
Le type de forê le plus remarquable de la pente est certes la hêtraie à céphalanthère. Cette forêt a été décrite par THILL. A côté du hêtre (Fagus sylvatica), elle montre du frêne (Fraxinus excelsior), de l'orme des montagnes (Ulmus glabra), de l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus), du merisier (Prunus avium) et du chêne pédonculé (Quercus robur). Dans le taillis, des espèces mésophiles assez banales voisinent avec des arbustes et des arbrisseaux plus typiques de ce milieu comme le cornouiller mâle (Cornus mas), la viorne mancienne (Viburnum lantana), le camérisier (Lonicera xylosteum), le bois-gentil (Daphne mezereum). La strate herbacée rassemble des plantes calcicoles thermophiles parmi lesquelles des orchidées fort intéressantes comme la céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasoonium), dont les fleurs restent presque toujours fermées et qui se reproduit le plus souvent par autogamie (paradoxalement, des centaines de plantes ont été trouvées récemment dans la réserve sur un talus planté d'épicéas! ) et la néottie ou nid d'oiseau (Neottia nidus-avis). Cette plante dépourvue de chlorophylle doit son nom français à ses racines tellement entortillées qu'elles suggèrent la forme d'un nid.
La hêtraie surexploitée a donné naissance à une forêt appauvrie, la chênaie à charme, de composition floristique voisine, où la jonquille est très abondante au printemps.
Les pelouses calcaires mésophiles qui occupent le bas des versants sont en voie de recolonisation forestière. Des fourrés d'épineux et d'arbustes thermophiles bordés de plantes caractéristiques des ourlets, comme la réglisse sauvage (Astragalus glycophyllos), ont tendance à envahir le site qui devrait être géré. D'autres part, la pratique du moto-cross "sauvage" creuse les pelouses de profondes ornières.
Des orchidées sont présentes ici aussi: le platanthère à deux feuilles (Platanthera bifolia), le platanthère des montagnes (Platanthera chlorantha), l'épipactis à larges feuilles (Epipactis helleborine), la gymnadénie moucheron (Gymnadenia conopsea), l'ophrys mouche (Ophrys insectifera)...
L'évolution des orchidées de ce site est suivie, notamment par la section "Orchidées d'Europe" des Naturalistes belges.

