Rocheux2018-11-05T11:20:21+00:00

Description du projet

Le Rocheux

Les terrains métallifères sont ceux qui recèlent de fortes concentrations en métaux comme le plomb, le zinc, le cadmium, le cuivre, le nickel, le fer, etc. Un cas particulier est celui des terrains calaminaires. Cet adjectif est dérivé du nom d’un minerai riche en zinc, la calamine. Entre Liège et Aix-la Chapelle on trouve des sites calaminaires sur des affleurements naturels de filons métallifères et sur des dépôts d’origine minière ou métallurgique. Le filon métallifère du Rocheux à Theux a été exploité au XIXème siècle pour en extraire des minerais de fer, de zinc et de plomb.

Le Rocheux est un site calaminaire primaire, c’est-à-dire que des métaux lourds (zinc et plomb) sont présents naturellement dans le sol. Lorsque la présence de métaux lourds résulte d’un dépôt de terres polluées, on parlera de site calaminaire secondaire. Les sites enrichis en métaux lourds par la pollution atmosphérique sont des sites calaminaires tertiaires; ces derniers sont généralement moins riches en métaux lourds que les sites primaires et secondaires et les concentrations tendent à diminuer au cours du temps par épuration naturelle du sol.

La présence de métaux lourds dans le sol entraîne la formation de communautés végétales spécifiques. Les plantes capables de tolérer la présence de métaux lourds dans le sol sont classées en métallophytes et en pseudométallophytes. Les métallophytes sont inféodées aux sols calaminaires : ce sont les endémiques calaminaires. Au Rocheux, on trouve par exemple la pensée calaminaire (Viola calaminaria), le tabouret calaminaire (Thlaspi caerulescens subsp. calaminare), l’alsine calaminaire (Minuartia verna var. hercynica), le silène calaminaire (Silene vulgaris subsp. vulgaris var. humilis), le gazon d’Olympe calaminaire (Armeria maritima subsp. halleri) et la fétuque calaminaire (Festuca ovina subsp. guestfalica).

Les pseudométallophytes sont des espèces répandues dans des milieux variés, mais qui possèdent des particularités biologiques leur permettant de tolérer les propriétés toxiques des substrats calaminaires. On peut citer notamment l’agrostis commun (Agrostis capillaris), la fétuque noirâtre (Festuca rubra subsp. commutata), la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) et l’oseille sauvage (Rumex acetosa). Les pseudométallophytes tendent à former sur les sites calaminaires des associations végétales atypiques, où certaines des compagnes sont absentes et d’autres sont sur-représentées par rapport aux mêmes associations lorsqu’elles sont installées sur des terrains non calaminaires.

Aucun arbre ne supporte une concentration élevée de métaux lourds dans le sol. Les sites calaminaires sont donc spontanément des milieux ouverts. Une faune est adaptée à ces milieux. Le plus bel exemple est sans doute le petit nacré (Issoria lathonia), qui pond ses oeufs sous les feuilles des pensées.

L’archipel calaminaire entre Liège et Aix-la-Chapelle constitue donc un véritable écosystème. Cet écosystème est parfaitement naturel, même s’il a été remodelé par l’industrie. Par ailleurs cet archipel constitue un « point chaud » de l’évolution des espèces et le domaine d’une flore et d’une faune absentes ailleurs. A ce titre, c’est un enjeu majeur pour la conservation de la nature en Europe occidentale.

Au Rocheux, outre les vestiges de l’exploitation minière (haldes, schlamme, aires de triage des minerais), on trouve une série d’associations végétales calaminaires qui poussent sur le site depuis l’abandon de la mine en 1880. Le paysage végétal laisse une impression inoubliable. Sur les aires les plus riches en métaux lourds, le sol est nu. A d’autres endroits, le couvert végétal est clairsemé ou prend l’aspect de prairies. On peut donc parler de désert, de steppe ou de pelouse calaminaire. Ces différents faciès sont très stables dans le temps. Sur certaines surfaces, le substrat a été recouvert de remblais divers et la végétation calaminaire a été remplacée par une végétation rudérale et nitrophile. C’est sur ces aires que des opérations d’étrépage sont effectuées avec succès depuis quelques années pour restaurer le faciès caractéristique du site.

Dès 1949, le site du Rocheux a été classé pour son intérêt scientifique. En 1983, sous l’impulsion de Jacques Duvigneaud, Ardenne & Gaume a conclu avec la Commune de Theux une convention érigeant en Réserve naturelle cette parcelle de trois hectares. En 2011, cette convention a été prolongée jusqu’en 2039. La réserve naturelle du Rocheux est agréée par la Région wallonne depuis 1990. Elle est actuellement gérée par Ardenne & Gaume en collaboration avec AD&N (Agir pour la Diversité et la Nature), une association locale.

Ardenne & Gaume, depuis des années, a acquis une expertise dans la connaissance de l’écosystème calaminaire et met tout en œuvre pour protéger chacun des îlots de cet archipel. Outre le site minier du Rocheux à Theux, Ardenne & Gaume gère en Réserve naturelle les anciens sites miniers et métallurgiques de Bleyberg (Plombières), de Koul et Casino-Weiher (Kelmis-La Calamine), et de Schmalgraf/Hof Semmel et Rabotrath (Lontzen).

Les personnes qui souhaitent visiter la Réserve naturelle du Rocheux ou participer à la gestion biologique et à l’entretien du site peuvent s’adresser au conservateur.

Caractéristiques

STATUT

Réserve naturelle agréée (arrêté du 31 mai 1990) SITE LCN 6610

SGIB ASSOCIÉ

SGIB n°36

ANNÉE DE CRÉATION

1983

SUPERFICIE

3 ha 23 a

CONSERVATEUR

Jean-François Hermanns – contacter le conservateur 0499 25 58 20

Cartographie

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