Description du projet

Le Vivier à Escanaffles

Grâce à la collaboration de plusieurs associations naturalistes, le Vivier sera dorénavant protégé et dévolu entièrement au développement de la nature. C’est au printemps 2018 que Natuurpunt a en effet acquis 4ha sur le site, complétés par l’achat de terrains connexes par un naturaliste. Avec la très active section locale des Cercles des Naturalistes de Belgique (CNB), Natuurpunt et Ardenne & Gaume s’associent pour tenter de donner un statut de protection fort et durable à ce « hotspot » de biodiversité régional. Ensemble, nos associations travaillent également à une campagne de sensibilisation pour soutenir le développement foncier de la réserve naturelle, sa gestion, mais également la découverte de ses richesses par les riverains !

Le Vivier (aussi appelé Rejet de Rhosnes) est une dépression marécageuse d’une dizaine d’hectares à Escanaffles sur la commune de Celles, en bordure de frontière linguistique à côté d’Avelgem. Cette « cuvette » est entourée de champs avec un habitat dispersé, et est traversée par la Rhosnes, une petite rivière qui prend sa source dans la commune de Frasnes-les-Anvaing, et qui se jette dans l’Escaut à la confluence des trois provinces à Orrier. C’est à l’est du site que se fait la connexion avec la Rhosnes : une connexion étroite, qui est à la fois l’entrée et la sortie de ce ruisseau. Pendant les hivers pluvieux, les prairies peuvent rester inondées pendant plusieurs mois. Très occasionnellement, il arrive même que toute la cuvette du Vivier se transforme en un vaste plan d’eau de plus d’1m de profondeur.

Les prairies du Vivier sont caractérisées par la présence du populage des marais (Caltha palustris) qui témoigne d’une inondation prolongée. Malgré le fait que ces parcelles étaient jusqu’à l’année dernière soumises à une gestion agricole conventionnelle, annuellement amendées par une quantité (heureusement limitée) d’engrais, ces prairies sont restées remarquablement riches en espèces : aux côtés de la flouve odorante (Anthoxantum odoratum), une graminée typique des praires maigres, on peut y observer entre autres le lychnis fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi), la laîche distique (Carex disticha), l’achillée sternutatoire (Achillea ptarmica), le pigamon jaune (Thalictrum flavum), l’oenanthe fistuleuse (Oenanthe fistulosa)…

Une particularité du site est la présence d’un réseau de nombreux fossés historiques. On y note la présence de la laîche vésicueuse (Carex vesicaria) et de la véronique à écussons (Veronica scutellata), ainsi que de la prêle fluviatile (Equisetum fluviatile) et de l’hottonie des marais (Hottonia palustris) qui confirment l’alimentation du site par les eaux des nappes phréatiques, riches en minéraux, mais pauvres en nutriments, ce qui permet de maintenir la qualité biologique de la zone humide.

Aux bords des fossés, où se développent de beaux cordons de roseaux, nichent rousserolles effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) et verderolle (Acrocephalus palustris), ainsi que le bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), localement en forte diminution. On note également la présence annuelle de la gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) et de la très sonore bouscarle de Cetti (Cettia cetti).

Les prairies inondées sont importantes pour de nombreuses espèces d’oiseaux en migration. A ces époques de l’année, le Vivier est intensivement fréquenté par les bécassines des marais (Gallinago gallinago) et sa plus rare cousine la bécassine sourde (Lymnocryptes minimus). Plus occasionnellement, quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) y font escale, et le butor étoilé (Botaurus stellaris) a lui aussi déjà été observé sur le site.

A côté des 4ha de prairies achetés par Natuurpunt, le site se complète par des roselières et des zones humides enfrichées, des bosquets de saules et d’aulnes, ainsi qu’une parcelle de peupliers récemment mise à blanc. La diversité de ces habitats offre un espace de nature dont profitent une myriade d’espèces, des plantes aux oiseaux, des batraciens aux insectes, en passant par les mammifères. Quelques espèces rares dans la région méritent d’être citées : la tourterelle des bois (Streptopelia turtur), le criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), la cétoine dorée (Cetonia aurata), l’aromie musquée (Aromia moschata), le petit paon de nuit (Saturnia pavonia), la musaraigne aquatique (Neomys fodiens)… Des inventaires plus exhaustifs, à mener conjointement par les spécialistes des différentes associations, ont été programmés dans les prochains mois.

Bien qu’il soit reconnu comme Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB) par la Région wallonne, les « Viviers » ne bénéficiaient à ce jour d’aucun statut de protection suffisant, n’étant même pas repris au réseau Natura 2000. Avec la maîtrise foncière d’une partie du site, et plusieurs associations de conservation de la nature à son chevet, les précieuses prairies fleuries du Vivier devraient très bientôt redevenir un havre de nature majeur dans la région ! L’abandon des engrais et de tout herbicide, ainsi que la fauche continue des prairies permettra de favoriser la diversité des espèces végétales, voire le retour d’espèces encore plus exigeantes comme l’orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa) ou l’orchis tacheté (Dactylorhiza maculata).

Bibliographie : Présentation de la réserve naturelle extraite des Carnets des Espaces Naturels n°2 

Caractéristiques

STATUT

Réserve naturelle privée

SGIB ASSOCIÉ

SGIB n°1664

ANNÉE DE CRÉATION

2019

SUPERFICIE

00ha 00a 00ca

CONSERVATEUR

Kristof Scheldeman – contacter le conservateur

Cartographie