Heid des Gattes2018-11-06T11:11:43+00:00

Description du projet

Heid des Gattes

La Heid des Gattes se situe en rive droite de l’Amblève entre Remouchamps et Aywaille, à la limite du Condroz et de la Famenne. Le site se présente comme un versant très escarpé entaillé de plusieurs carrières aujourd’hui désaffectées et intégrées à la réserve tout comme un espace de forêts et de bocages voisins. L’exposition plein Sud et la nature très particulière de la roche, un grès à ciment calcaire finement stratifié, ont permis l’apparition de milieux rares, voire inédits dans notre pays.

La variété des biotopes présents est exceptionnelle (aulnaies alluviales, boulaies de colonisation, chênaies-charmaies, érablières de ravins, hêtraies neutrophiles, pelouses calcicoles, pelouses pionnières des substrats rocheux, prairies de fauche,…) tout comme bon nombre d’espèces végétales que l’on peut y rencontrer. Citons par exemple la doradille noire (Asplenium adantium-nigrum), la doradille du Nord (A. septentrionale), le cétérach (Ceterach officinarum), l’ancolie (Aquilegia vulgaris), l’armoise champêtre (Artemisia campestris), l’aster lynosyris (Aster lynosyris), la campanule étalée (Campanula patula), l’euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides), la fétuque à feuilles inégales (Festuca heteropachys), la gesse des montagnes (Lathyrus linifolius), le lychnis visqueux (Lychnis viscaria), la néottie nid-d’oiseau (Neottia nidus-avis), la double-feuille (N. ovata), l’ophrys abeille (Ophrys apifera), l’orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii), l’orchis mâle (Orchis mascula),… Mais le véritable joyau botanique de la réserve est sans conteste la joubarbe d’Aywaille (Sempervivum funckii var. aqualiense), la seule espèce végétale endémique en Belgique !

La réserve abrite également une multitude d’espèces animales, parmi lesquels règnent en maîtres le faucon pèlerin (Falco peregrinus) et le hibou grand-duc (Bubo bubo), nicheurs dans les parois de la Falize, qui abritent également une colonie de choucas des tours (Corvus monedula). Le martin-pêcheur (Alcedo atthis), le cincle plongeur (Cinclus cinclus) et la bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) fréquentent assidûment les berges de la rivière.

Le lézard des murailles (Podarcis muralis) et la coronelle lisse (Coronella austriaca) peuplent les rochers et éboulis tandis que la couleuvre à collier (Natrix natrix) occupe les milieux humides tels que la forêt alluviale et les abords des mares oligotrophes, où elle trouve une grande diversité d’amphibiens dont elle se nourrit: triton palmé (Triturus helveticus), grenouille rousse (Rana temporaria), crapaud commun (Bufo bufo) et alyte accoucheur (Alytes obstetricans).  La forêt alluviale est également le refuge de la salamandre (Salamandra salamandra).

Le castor (Castor fiber) est bien présent le long de l’Amblève. La fruticée abrite un important terrier de blaireau (Meles meles) et est régulièrement fréquentée par le sanglier (Sus scrofa). Les tunnels des anciennes carrières de la Falize et du Goiveux servent d’abri à plusieurs espèces de chauves-souris en hibernation, notamment le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum).

La réserve naturelle fut initialement créée en 1953 par la conclusion d’un bail emphytéotique entre Ardenne & Gaume et la commune d’Aywaille, propriétaire du site. Cette première convention concernait uniquement les rochers abritant la population de joubarbe d’Aywaille. Au début des années 2000, le site était menacé de destruction car dangereux pour les usagers d’un camping et de la route en contrebas. D’intenses négociations permirent d’éviter sa disparition et débouchèrent sur une collaboration particulièrement fructueuse avec la commune. Depuis lors,  la superficie de la réserve n’a cessé d’augmenter !

La gestion pratiquée dans la réserve vise principalement à maintenir les milieux ouverts par des débroussaillages réguliers et par l’abattage d’arbres dont l’ombrage pourrait porter préjudice à des milieux particulièrement intéressants. Les gestionnaires sont aidés dans leur tâche par un troupeau de chèvres qui y vivent à l’état sauvage et dont l’agilité facilite l’entretien naturel de secteurs difficilement accessibles à l’homme.

Les carrières de la Falize et du Goiveux sont accessibles à tout moment sur les sentiers. Plusieurs panneaux didactiques présentent les richesses du site au visiteur et un petit musée géologique ouvert en permanence a été aménagé dans un bâtiment désaffecté de la carrière du Goiveux.

Plus d’informations sur ce site emblématique : http://www.heiddesgattes.be/index.php

Bibliographie : SGIB n°27 – bibliographie

Caractéristiques

STATUT

Réserve naturelle agréée (arrêté du 20 octobre 2011) SITE LCN 6602; Site classé (Arrêté royal du 29.05.1952)

SGIB ASSOCIÉ

SGIB n°27

ANNÉE DE CRÉATION

1953

SUPERFICIE

63ha 30a 07ca

CONSERVATEUR

Jean-Michel Darcis – contacter le conservateur

Cartographie

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