Dourbes2018-10-09T16:12:30+00:00

Description du projet

Dourbes

La réserve de Dourbes se trouve en Calestienne. L’Eau Noire et l’Eau Blanche confluent au pied de la Roche à Lomme pour former le Viroin. Celui-ci, en s’enfonçant dans les calcaires, y a tracé un grand méandre orienté vers le nord-est. Les versants portent, suivant leur orientation et la raideur des pentes, des érablières de ravin à langue-de-cerf (Asplenium scolopendrium) ou des chênaies-charmaies thermophiles. Les bas de pente sont occupés par des chênaies à charmes mésophiles, à scille à deux feuilles (Scilla bifolia). Dans la plaine alluviale, la forêt est très réduite mais, le long du Viroin, subsiste une forêt galerie très intéressante à orme lisse (Ulmus laevis) et gagée jaune (Gagea lutea).

La préhistoire et l’histoire de la région sont riches d’enseignements. La vallée du Viroin a été occupée par l’homme depuis la nuit des temps : des vestiges du Néolithique ont été découverts à la Roche à Lomme ; une forteresse aduatique aurait existé aux Abannets, aux lieux-dits Linnery (ou Lineri) et Par delà l’Eau, large colline située dans le grand méandre décrit par le Viroin ; les vestiges gallo-romains sont nombreux. Les ruines du château de Haute Roche dominent la vallée du Viroin. Cette forteresse médiévale, construite au Xe siècle, fut détruite en 1554 par le connétable Anne de Montmorency.

Les tiennes calcaires présentaient jadis un aspect tout à fait différent de celui qu’ils montrent aujourd’hui. Ils avaient l’aspect « pelé », c’est-à-dire couverts de pelouses calcicoles assez rases pâturées par des troupeaux de moutons et de chèvres. Après l’abandon de cette exploitation agropastorale, dans la première moitié du XXème siècle, bien des tiennes furent reboisés en pins noirs d’Autriche qui les couronnent encore actuellement de leurs cimes sombres. Ailleurs, la recolonisation forestière débuta timidement puis s’accéléra au point de compromettre l’existence même des pelouses. Néanmoins, les pelouses calcicoles sèches et mésophiles sont encore nombreuses dans la région et leur intérêt est extraordinaire. Elles sont le pendant, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, des célèbres sites de la région de Lesse et Lomme.

Les pelouses calcicoles de la réserve de Dourbes font partie des célèbres pelouses sèches de la vallée du Viroin qui sont incluses dans les réserves biogénétiques européennes. Jacques Duvigneaud, hélas décédé, fut très longtemps Vice-président d’Ardenne & Gaume. On ne peut évoquer ces réserves sans une pensée émue pour ce grand phytogéographe qui a tellement apprécié et étudié la flore de cette région exceptionnelle.

ARDENNE & GAUME avait jusqu’en 1988 plus de 500 hectares de réserves naturelles dans la vallée du Viroin. Grâce à notre association, des sites superbes ont été préservés de toute atteinte destructrice pendant près de 30 ans. Les conventions passées en 1959 et 1962 avec les anciennes communes d’Olloy et de Nismes n’ont malheureusement pas été reconduites par le conseil communal de la nouvelle entité de Viroinval. Seule reste encore la réserve de Dourbes dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2026.

Donner la liste des espèces végétales rares de cette réserve serait fastidieux. Mais citons néanmoins l’anémone pulsatille (Anemone pulsatilla), la véronique couchée (Veronica prostrata subsp. scheereri), le tabouret des montagnes (Thlaspi montanum), la cuscute du thym (Cuscuta epithymum), l’aster linosyris (Aster linosyris), le pâturin bulbeux (Poa bulbosa), le catapode rigide (Catapodium rigidum), la laitue vivace (Lactuca perennis), le géranium sanguin (Geranium sanguineum) et, parmi les orchidées, l’orchis bouc (Himantoglossum hircinum), la gymnadénie moucheron (Gymnadenia conopsea), l’orchis odorant (Gymnadenia odoratissima), l’orchis pourpre (Orchis purpurea)…

La Montagne-aux-Buis est, comme son nom l’indique, caractérisée par des fourrés denses de buis (Buxus sempervirens). C’est là qu’existeraient encore des fragments de chênaie pubescente. Soulignons également l’intérêt mycologique exceptionnel de la Montagne-aux-Buis, site très recherché par les mycologues pour sa richesse en espèces calcicoles et thermophiles, dont le bolet satan (Boletus satanas) et l’amanite épineuse (Amanita echinocephala) ainsi que de nombreux cortinaires.

L’intérêt entomologique est exceptionnel. La Roche à Lomme et la Montagne-aux-Buis constituent des sites majeurs pour la Wallonie avec de très nombreuses espèces rares de Lépidoptères, Orthoptères, Hétéroptères. Par exemple, Oedipoda germanica, le criquet à ailes rouges, occupe ici sa seule station belge, probablement la plus septentrionale d’Europe (d’après HOFMANS et DELESCAILLE 1991).

L’avifaune y est diversifiée quoique essentiellement forestière (pic noir, pipit des arbres et nombreux rapaces : buse variable, bondrée apivore, faucon crécerelle, épervier d’Europe, autour des palombes… ) ; on peut même y citer deux espèces accidentelles observées en 1996 : fauvette mélanocéphale et accenteur alpin. Ces deux données, même si elles ont un caractère tout à fait exceptionnel, témoignent de conditions mésoclimatiques et topographiques tout à fait originales propres à la Montagne-aux-Buis et à la Roche à Lomme. La Roche à Lomme et la Montagne-aux-Buis (Tienne aux Pauquis) sont d’ailleurs des zones noyaux de la zone de protection spéciale pour les oiseaux sauvages « Entre-Sambre-et-Meuse ». Ces sites sont repris dans le Patrimoine exceptionnel de Wallonie et dans le Réseau Natura 2000. Ces deux sites sont, en outre, des sites classés depuis le 20 octobre 1947.

L’herpétofaune rassemble la couleuvre coronelle, la couleuvre à collier, la vipère péliade, le lézard des murailles, le lézard vivipare et l’orvet fragile.

Au début des années 80, la gestion  a été confiée au Centre Marie-Victorin de Vierves (Cercles des Naturalistes de Belgique). De 2002 à 2006, cette réserve a fait l’objet de travaux de restauration dans le cadre du projet LIFE Haute-Meuse. Actuellement, la gestion mécanique et par pâturage se poursuit par le personnel d’Ardenne & Gaume avec l’aide du Centre Marie-Victorin.

Caractéristiques

STATUT

Réserve naturelle agréée (arrêté du 14 février 2008) SITE LCN 11

ANNÉE DE CRÉATION

1967

SUPERFICIE

208 ha 40 a

CONSERVATEUR

Léon Woué, Bernard Clesse – contacter le conservateur – 060 31 13 83

Cartographie

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