Réserve Naturelle agréée de Ansart
Commune: Tintigny (Ansart) Superficie totale: 1ha 60a Propriétaire: Ardenne et Gaume Date de création: 1984 zone humide d'intérêt biologique par Arrêté ministériel du 2 mars 1994 conservateur : D. Thoen
En Gaume existent des milieux très particuliers qui, bien que d'origines très différentes, renferment des biotopes assez semblables, d'un très grand intérêt. Ce sont les marnières et les mardelles.
Les marnières sont des carrières qui ont exploité les marnes que l'on utilisait pour fertiliser les champs. Elles peuvent être assez étendues comme à Attert, mais, le plus souvent, elles sont de superficie très réduite. Le paysan venait en extraire les marnes nécessaires au champ avoisinant. Abandonnées, les excavations se sont remplies d'eau et une flore et une végétation particulièrement originales s'y sont installées.
Les mardelles par contre résultent d'un phénomène tout à fait naturel, la dissolution et l'entraînement des carbonates contenus dans les marnes par les eaux de percolation. Les mardelles peuvent présenter différents stades d'évolution, depuis le simple tassement des marnes jusqu'à la formation de cuvettes plus ou moins profondes, dont le fond est colmaté par les argiles de dissolution des marnes. Dans les "mardelles séniles", il peut y avoir formation de dépôts tourbeux (COUTEAUX 1969).
Les rebords plus secs des marnières et des mardelles sont souvent colonisés par un groupement des plus rares, la pelouse à gentianes (Gentianella ciliata, G. germanica). Leur intérêt entomologique est très grand. Les Odonates et les Lépidoptères principalement sont nombreux.
Marnières et mardelles sont bien souvent isolées au milieu des champs. Elles servent de refuge à une flore et une faune remarquables concentrées sur une superficie qui n'atteint pas toujours 1 ha. Elles sont malheureusement menacées par les épandages d'engrais et de pesticides qui sévissent à leurs abords et par les déversements de déblais divers destinés à les combler. C'est pourquoi l'établissement d'un réseau de mardelles et marnières protégées doit être un objectif prioritaire.
La marnière d'Ansart est particulièrement riche. On peut y observer des groupements d'eau libre, des bas-marais, des cariçaies, des jonchaies, des prairies du Molinion ... L'utriculaire commune (Utricularia vulgaris), l'hottonie des marais (Hottonia palustris), le trèfle d'eau (Menyanthes trifoliata), l'orchis de mai (Dactylorhiza fistulosa = D. majalis), l'épipactis des marais (Epipactis palustris), la laîche arrondie (Carex diandra), la laîche puce (Carex publicaris), la serratule des teinturiers (Serratula tinctoria) sont quelques-unes des raretés qui y poussent.
Mais l'embroussaillement est rapide et une gestion est menée annuellement pour contenir les fourrés qui pourraient à la longue étouffer les plantes herbacées.

